Quand un consultant SEO rencontre un avocat !
Cette semaine, j'ai rencontré Me Matthieu Quiniou.
Voici l’interview complète :
Youssef Jlidi : Bonjour Mathieu, j’espère que tu vas bien. Euh du coup, on est ensemble pour parler un petit peu d’IA orienté orienté juridique. Alors, la première question que j’avais à te poser, c’est est-ce que tu peux te présenter en quelques mots tout simplement ?
Matthieu Quiniou :
Bonjour Youssef, merci pour l’invitation.
Je suis Matthieu Quiniou, je suis avocat au barreau de Paris et maître de conférence en sciences de l’information et de la communication. Je co-dirige une chair de l’UNESCO qui s’appelle innovation transmission édition numérique et je suis expert pour le le Conseil de l’Europe et de la Commission pour l’efficacité de la justice du Conseil de l’Europe depuis déjà 6 ans sur les questions liée au domaine judiciaire. Et également, avocat au sein du cabinet D&A Partner. Je m’occupe du pôle IT et tout particulièrement des questions autour de de l’IA et des nouveaux enjeux juridiques.
Youssef Jlidi :
OK, très clair. J’avais une première question à te poser. Donc comme tu me l’as dit, tu t’es spécialisé dans l’innovation technologique, la blockchain l’IA. Comment ça se détermine une spécialisation chez un avocat ? Est-ce que c’est par les affaires qu’il a pu traiter ou c’est la formation, les études ? C’est-à-dire comment aujourd’hui tu es devenu vraiment avocat spécialiste dans ces dans ces questions ?
Matthieu Quiniou :
Alors, c’est un point intéressant parce que la notion de spécialiste, elle est réglementée, entre guillemets, chez nous. Les spécialités n’existent pas. On ne peut pas dire : « je suis spécialiste de la blockchain » ou « spécialiste de l’IA » parce que ce n’est pas conforme au règlement intérieur qu’on a. On ne peut pas dire ça en tant que tel. Mais pour autant, on peut parler d’expertise.
Me concernant, ça fait une dizaine d’années que je travaille aussi bien sur la blockchain que sur l’IA. J’ai fait par exemple mon doctorat sur des questions d’IA en 2015, et la blockchain, je travaille aussi dessus depuis 2015 à travers d’abord des questions de propriété intellectuelle dans un contexte scientifique.
Puis à partir de 2017, vraiment en tant qu’avocat, juriste, avec de vraies questions. Au départ, c’étaient les ICO qui nous intéressaient, donc les levées de fonds sur blockchain, et après j’ai beaucoup travaillé sur les NFT. Aujourd’hui, j’accompagne encore des entreprises parce que c’est vraiment le cœur de métier de l’année, c’est la blockchain.
Donc on a pas mal de clients dans la DeFi qui ont des besoins notamment en matière de cybersécurité et droit, en matière de données personnelles, en matière aussi d’analyse des licences de codes qu’ils ont. Donc c’est à peu près sur ces éléments-là que j’interviens.
Et après, en matière d’IA, je dirais que ça fait finalement que trois ans qu’il y a de vrais dossiers en matière d’IA côté entreprise. Avant, c’était assez marginal. C’étaient des questions plutôt autour des données personnelles sensibles dans le domaine médical, par exemple. Aujourd’hui, on parle vraiment d’IA dans les dossiers.
Donc là, j’accompagne à la fois des modèles, des start-up, des artistes, des entreprises qui veulent faire des chartes éthiques, qui ont des besoins aussi de formation autour des aspects réglementaires. Donc c’est varié, mais ça s’est vraiment développé les trois dernières années. Et avant, je travaillais surtout pour des institutions, comme je disais, le Conseil de l’Europe, qui eux avaient mis en place très tôt, dès 2018, une charte éthique, et j’ai travaillé pour eux notamment sur des questions de labellisation et d’opérationnalisation de la charte.
Voilà, je continue à être expert pour eux. Et donc, la notion de spécialisation, pour revenir à ça, je dis que ce n’est pas encore considéré comme une spécialité au sens formel du terme. Pour autant, après, il y a le bouche-à-oreille et on peut faire valoir quand même un certain nombre d’expertises.
Puis j’imagine qu’avec l’itération, forcément, si justement tu traites toujours les mêmes affaires sur les mêmes sujets, on développe quand même une connaissance, comme on a pu discuter ensemble sur les NFT, sur la blockchain, etc. Donc il y a une forme d’expertise. Mais effectivement, au niveau de l’appellation, il faut revenir à la base. Mais du coup, cette base-là aujourd’hui, toi, tu es plutôt avocat en droit des affaires, droit des nouvelles technologies. Le sujet dans lequel tu exerces, si j’ai bien compris, c’est vraiment le droit des affaires.
C’est le droit des affaires en matière de nouvelles technologies numériques. Voilà, si on peut synthétiser, avec beaucoup de propriété intellectuelle et de droit de l’IT. Donc tout ce qui touche vraiment à la technique.
Moi, comme j’ai des compétences techniques aussi informatiques, je m’intéresse beaucoup aux usages numériques. C’est à ce niveau-là que j’interviens.
Youssef Jlidi : Pour finir un peu la partie présentation, je voulais vraiment qu’on ait quelques éléments concrets, sans vouloir rentrer dans les secrets des dieux. Mais est-ce que tu peux nous raconter deux ou trois affaires un peu marquantes que tu as pu traiter ? Celles qui t’ont le plus challengé, le plus surpris. Je pense que c’est intéressant d’avoir à la fois ce qui est sur le papier, et puis les affaires concrètes que tu as pu traiter dans ta carrière.
Matthieu Quiniou : Alors là aussi, je vais répondre comme avocat, de manière précise, avec un petit disclaimer. Comme pour la spécialité, on n’est pas censé parler vraiment de nos affaires. Après, pour autant, il y a des éléments qui ont été rendus publics par certains clients et qui sont accessibles dans les médias. À partir de là, je peux quand même les évoquer.
Article entier ici : https://www.neopulsion.com/blog/quand-l-ia-transforme-le-droit-avec-matthieu-quiniou


